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Mon nom est Josée Francoeur et je suis travailleuse sociale depuis 33 ans au sein du CISSS de la Côte-Nord, plus précisément à Sept-Îles et à Port-Cartier. Je suis surtout à Port-Cartier depuis 30 ans. Comme c’est une petite ville, il y a moins d’intervenant·e·s disponibles. C’est pourquoi, au cours de ma carrière, j’ai eu à faire des interventions plus pointues et tragiques : décès, décès d’enfants. On m’a souvent confié ce type d’interventions, car j’ai développé une expertise au fil du temps.

Je suis membre du conseil multidisciplinaire (CM) et du conseil d’administration du CISSS depuis 10 ans. Je suis formatrice en sécurité civile depuis 2000, à la suite du sinistre au Saguenay.

 

En 2018, j’ai commencé à faire de la garde psychosociale après avoir été formée pour utiliser la trousse médicolégale. Étant donné que la population de Port-Cartier est peu nombreuse, nous n’avions pas beaucoup de cas. Depuis l’intégration des services, nous avons reçu plus de dossiers, principalement à Sept-Îles.

Qu’est-ce qui vous a encouragée à devenir travailleuse sociale?  

 

Je suis une personne qui aime s’impliquer. Mon but serait de me rendre à 40 ans de service !

 

Parlez-nous d’un défi professionnel auquel vous avez eu à faire face au cours de votre carrière en centre désigné.

Nous avons eu dernièrement, malheureusement (ce n’est jamais un souhait de faire une intervention), un cas d’agression sexuelle sur un jeune homme. Avant, j’avais toujours eu des cas où les victimes étaient des femmes, des adolescentes ou des petites filles. Cette intervention-là était différente. C’était similaire dans l’accueil – expliquer le déroulement de l’intervention, la trousse médicolégale –, mais pour les prélèvements, il y avait des choses que je ne savais pas. On a vraiment bien coordonné nos efforts, l’infirmière et moi. La victime était plus à l’aise avec des femmes pour l’intervention, mais le médecin itinérant de garde était un homme. Étant donné que nous sommes dans une petite ville, nous ne pouvions pas faire appel à un autre médecin (femme). L’infirmière et moi avons travaillé en collaboration et avons soutenu la victime tout au long de l’intervention. Le médecin a été très compréhensif et nous avons tous pris le temps de bien expliquer chaque étape. C’est une trousse qui nous a pris plus de temps, mais la victime a semblé satisfaite du service.

 

C’était un défi, mais un beau défi parce que maintenant, si nous avons un autre cas comme ça, nous allons être plus à l’aise pour effectuer l’intervention. Après des interventions particulières comme celle-là, je rencontre ma petite équipe et, sans nommer la victime, je reviens sur les différents éléments de l’intervention pour qu’on soit plus à jour.

Après avoir effectué une intervention médicosociale difficile auprès d’une personne victime d’agression sexuelle, quel est votre moyen favori pour décompresser ou vous changer les idées?

 

Je souhaite travailler encore plusieurs années, et je me donne beaucoup de moyens pour y arriver. Je suis quelqu’un qui aime être active. Je suis devenue végétarienne il y a quelques années et je sens que ma santé va mieux depuis. Pendant plusieurs années, j’ai donné des cours de Zumba, de danse aérobique et d’étirement. Je trouve aussi important de faire du bénévolat pour donner au prochain.

 

Je me suis fait un cadeau dernièrement : j’ai maintenant deux gros chiens qui me gardent active !

Normalement, nous prenons aussi des vacances dans le Sud une semaine par année… mais pas pendant la pandémie.

 

Prendre soin de moi n’est pas une corvée.

Qu’est-ce qui vous motive à continuer de travailler auprès des personnes victimes d’agression sexuelle?

Quand j’ai su qu’un tel service existait et que mon équipe et moi pouvions obtenir une formation pour faire l’intervention auprès de victimes d’agression sexuelle, nous avons sauté sur l’occasion.

 

J’ai une fille, qui est grande maintenant, mais si elle avait eu à vivre une telle situation, j’aurais aimé que quelqu’un l’accueille et lui offre ces services. Je pense aussi aux autres mères et pères qui ont une fille ou un garçon à qui ça pourrait arriver. Que les victimes soient reçues par une équipe disponible et qui les respecte. C’est ça, ma motivation.

 

Plus on attend pour avoir de l’aide, plus il y a de dommages collatéraux. Notre équipe peut vraiment aider à réduire les dommages.

Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un commençant à effectuer des interventions médicosociales dans un centre désigné?  

 

Il faut suivre la formation, mais il ne faut pas se gêner, par la suite, pour poser des questions à ses collègues qui ont déjà fait des interventions. Aussi – ma proposition s’adresse également aux gestionnaires –, je suggère qu’un intervenant expérimenté accompagne les nouveaux intervenants lors de leur première intervention. Nos collègues peuvent nous aider à voir nos bons et mauvais coups. Un tel accompagnement peut donner plus d’assurance pendant l’intervention et donner l’envie de continuer à en faire.

Sur une note plus personnelle

 

Les derniers bons livres qu’elle a lus :

La Liste : on a tous droit au meilleur de la vie de Jérémy Lemay

Le dernier bon film qu’elle a vu :

Le stagiaire avec Robert De Niro et Anne Hathaway

Sa chanson préférée :

Lonely de Justin Bieber

Sa citation préférée :

« La vie est un mystère qu’il faut vivre, et non un problème à résoudre.» de Mahatma Gandhi.

La destination voyage qui la fait rêver :

À ma retraite, mon premier voyage sera à Vancouver en train !!

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