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La chronique du pro - Dominique Bourassa

Dominique Bourassa est médecin-conseil en santé publique pour les dossiers violence et agression sexuelle et médecin de famille de terrain en clinique de planification des naissances. Elle pratique à l’Hôpital régional de Rimouski dans le Bas-Saint-Laurent. Elle donne également des soins palliatifs aux patients de la Maison Marie-Éisabeth à Rimouski. 

Dominique obtient son diplôme de l’Université de Montréal en 1995. Dès 1996, elle s’engage dans les soins aux victimes d’agression sexuelle et pratique  comme  médecin  de  famille  à  la  Clinique de planification des

naissances de Rimouski auprès d’une clientèle adolescente et adulte. Elle devient médecin-conseil en violence et agression sexuelle en 1999 et participe à la mise sur pied des centres désignés du Bas-Saint-Laurent. En 2001, elle est responsable de donner la formation pour l’intervention médicolégale auprès des victimes d’agression sexuelle dans la région. En 2006, elle participe à l’implantation des cliniques pédiatriques en protection de l’enfance (CPPE) à Rimouski et Rivière-du-Loup. Depuis juillet 2017, elle s’implique auprès du CRAIP (Centre de recherche appliquée en intervention psychosociale) dans le cadre des travaux entourant la formation provinciale sur l’intervention médicosociale en centre désigné auprès des personnes victimes d’agression sexuelle (offerte en ligne).

 

Dominique siège à plusieurs comités, notamment : le comité régional des cliniques pédiatriques en protection de l’enfance (CPPE); le comité régional des centres désignés à recevoir des victimes d’agression sexuelle; la table de concertation régionale en matière de violence conjugale et d’agression sexuelle; le comité des partenaires en prévention de l’exploitation sexuelle des jeunes (BSL); le comité-aviseur du Service-conseil aux centres désignés pour l’intervention médicosociale auprès des victimes d’agression sexuelle et le comité exécutif du Service de médecine générale du CISSS-BSL.

 

Qu’est-ce qui vous a encouragée à devenir médecin?  

Au cégep, les cours qui m’ont davantage accrochée étaient les cours de biologie et les cours de psychologie, donc je me suis dit que le domaine de la santé pourrait être intéressant. Effectivement, quand j’ai fini par entrer en médecine, on était en plein dans l’approche biopsychosociale. Même quand j’étais résidente en médecine, ma clientèle c’était soit des suivis de grossesse, des enfants, des familles ou des patients qui avaient des problèmes psychologiques. Je trouvais ça très intéressant de les écouter et de leur venir en aide.

 

Parlez-nous d’un défi professionnel auquel vous avez eu à faire face au cours de votre carrière en centre désigné. 

Implanter les centres désignés à travers notre région. Avec une collègue, on a fait le tour en voiture des 8 hôpitaux du Bas-Saint-Laurent pour aller voir les gens sur le terrain et leur demander ce qu’ils voulaient faire avec les services aux victimes d’agression sexuelle. Tout le monde nous a répondu la même chose : on veut être habilités pour recevoir les victimes nous-mêmes parce que s’il y a juste des centres désignés à Rimouski ou Rivière-du-Loup, les victimes des régions plus éloignées n’iront pas faire 1 h 30 de route pour une consultation.

 

Un autre défi est lorsqu’on a collaboré avec des pédiatres et le centre jeunesse pour mettre sur pied des cliniques pédiatriques en protection de l’enfance. On s’est rencontrés pendant plus d’un an pour travailler en équipe et monter un genre de clinique où les enfants et les jeunes ados victimes d’agression sexuelle, d’abus physique et de négligence seraient reçus.

Après avoir effectué une intervention médicosociale difficile auprès d’une personne victime d’agression sexuelle, quel est votre moyen favori pour décompresser ou vous changer les idées?

En parler de façon non nominative, bien sûr, avec un ou une collègue. Je travaille avec des infirmières et des médecins qui sont tous et toutes formés pour l’intervention médicosociale, donc ils savent de quoi je parle. On apprend à bien s’entourer avec les années! Après ça, comme j’habite sur le bord du fleuve, je vais aller prendre une bonne marche. Le vent et le grand air, ça donne toujours un bon coup de main.


 

Qu’est-ce qui vous motive à continuer de travailler auprès des personnes victimes d’agression sexuelle?

La conviction de l’importance de la prévention des agressions sexuelles, avec la mise sur pied de l’éducation à la sexualité dans les écoles, et le souci de bien recevoir les personnes victimes qui ont le courage de venir chercher de l’aide, parce qu’il n’y en a pas beaucoup. Je veux vraiment que nous soyons là pour bien les accueillir, leur offrir des soins et les référer aux bonnes personnes pour qu’elles puissent se remettre de ce traumatisme-là sans trop de séquelles.
 

 

Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un commençant à effectuer des interventions médicosociales dans un centre désigné?  

 

Ne jamais hésiter à poser des questions à quelqu’un de plus expérimenté. Moi, j’aime toujours ça, travailler avec des gens qui connaissent leurs limites et qui n’hésitent pas à appeler pour avoir des réponses. On a le droit de ne pas être parfait et on a le droit d’apprendre. Maintenant, c’est le fun parce que même les personnes plus isolées peuvent appeler (le service-conseil aux centres désignés pour l’intervention auprès des victimes d’agression sexuelle) et avoir des réponses. Au final, le plus important, c’est d’avoir la bonne attitude. On est là pour accueillir, croire et aider.

 

 

Sur une note plus personnelle…

Les derniers bons livres qu’elle a lus :

Euphoria – Lily King

Moi, ce que j’aime, c’est les Monstres – Emil Ferris

Le dernier bon film qu’elle a vu : 

Le Château ambulant – Hayao Miyazaki

Sa chanson préférée :

Sans titre (andante) – Jean-Michel Blais

Sa citation préférée :

La vie, ce n’est pas d’attendre que l’orage passe, c’est d’apprendre à danser sous la pluie.  – Sénèque

La destination voyage qui la fait rêver :

La Nouvelle-Zélande

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